Le rock, lorsqu'il
nous est apparu à nous, gosses de Bombay, n'était pas une musique étrangère imposée
par l'impérialisme, mais quelque chose qui nous appartenait en propre - bien qu'aucun d'entre nous à
l'époque n'ait jamais mis les pieds aux USA ou même ailleurs. Pour-tant, nous écoutions cette
musique née au fond du Sud américain, à Plouc City, et nous y répondions immédiatement.
C'est assez surprenant: après tout, la communication de masse n'existait pas, ou à peine. Et pourtant
ça nous parlait. Récemment, je me suis retrouvé à parler de ça avec un ami chinois
de ma génération, qui m'expliquait comment en Chine, lorsqu'il avait 11 ou 12 ans, la radio diffusait
parfois des morceaux de Mozart ou de Beethoven. Pour eux, cette musique était incompréhensible, personne
ne savait comment l'écouter, car trop occidentale. Et puis un jour on a passé un truc d'Elvis Presley
et immédiatement, tout le monde a compris. C'est ce qui est remarquable avec le rock : à Beijin,
en Patagonie, comme à Bombay ces bruits bizarres faits par des petits Blancs américains parfaitement
provinciaux, qui s'efforçaient tant bien que mal de chanter comme des Noirs, ont eu un écho mondial
immédiat. Pourquoi ? En un sens, ce roman est une tentative de réponse à cette question. Ma
théorie est que, bien longtemps avant le développement de ce que nous appelons aujourd'hui la world-music,
le rock'n'roll à l'origine était une forme de world-music: une musique mixte, bâtarde. Commencée
avec les rythmes africains, exportée aux USA sur les navires négriers, modifiée dans les champs
de coton du Missisipi, puis à nouveau par les premières technologies d'enregistrement; ensuite par
le désir d'imiter ces enregistrements. Et ce désir donne Elvis Presley diffusé sur tout le
territoire américain, avant qu'à nouveau mchisse l'océan, mais dans l'autre sens, jusqu'en
Angleterre, où de nouvelles mutations s'opèrent cette fois sous l'influence des Beatles, des Rolling
Stones: on franchit un degré supplémentaire dans la sophistication technologique, et retour aux USA,
et ainsi de suite. Et je crois que c'est l'explication: la raison pour laquelle cette musique parle à tous
est que tous ont une part dans sa création à un moment ou un autre. Une musique de migrations. Faite
par des gens déracinés, pour des gens en voie de déracinement. Un langage facilitant l'intégration.
(Salman Rushdie, octobre 1999).
GROUPES ET MUSICIENS DES
SIXTIES (sixties beat &
psychedelic revival)
Love Me Do n'est pas une chanson totalement anodine. Elle se distingue en effet
par trois caractères conjugués : une remarquable simplicité, une étonnante rigueur
et quelques singularités. C'est par cette conjugaison, présente dans la plupart des chansons écrites
à partir de la fin 1962, que les Beatles semblent se démarquer des autres groupes beat. La
simplicité se retrouve à la fois dans le rythme (une mesure 4/4 ternaire soulignée par la
grosse caisse, ainsi que par la caisse claire rehaussée par le son du tambourin), la mélodie (en
mode de sol, sur une seule octave) et l'harmonie (une grande évidence, base du succès pop). Cela
dit, la structure du morceau est particulièrement rigoureuse — résultat d'un travail de
G.Martin — dans le cadre contraignant des deux minutes à deux minutes trente réglementaires
du hit-parade. L'énergie naturelle du groupe est ainsi canalisée. La singularité principale
de Love Me Do est l'harmonisation vocale systématique de la mélodie. A l'exception du refrain,
deux voix sont harmonisées — celles de John Lennon et de Paul McCartney, qui chantent d'ailleurs
devant le même micro. Les Beatles prennent ainsi le contrepied de la variété pop, où
le refrain est souvent l'occasion d'entendre plusieurs voix et non le chanteur principal. La singularité
secondaire est le motif d'harmonica (riff) de quatre notes, très facilement mémorisable.
L'ensemble est réalisé avec une grande simplicité, et pratiquement aucun effet technique,
ce qui n'est guère étonnant avec un enregistrement mono sur deux pistes et un nombre de "prises"
limitées pour des raisons financières.
ANALYSE MUSICALE (écouter Love Me Do en format .midi)
voici les dix disques - en format mp3 ? non! avec les pochettes vinyl originales et une platine
de préférence ! - que je garderai pour passer une retraite heureuse (à 67 ans ?) sous les cocotiers (plutôt
d'ailleurs les sapins), sans se lasser le moins du monde. J'ai fait ce choix très subjectif sans trop réfléchir
et je me suis arrêté en fait en...1992 pour le Top 10. Curieusement, rien ne m'est venu facilement
spontanément à l'esprit dans les années 1990/2000, même si le rock est encore resté
très créatif (plus le temps d'écouter, d'évoluer?). Evidemment, il y a plein de disques
et de périodes oubliés, sacrifiés: c'est la loi du genre. Cela manque de voix féminines notamment.
Disque 1 : Beatles, Revolver (1967). Premier disque rock écouté en boucle
sur un électrophone et tout particulièrement la chanson Gotto Get You into My Life.
Une chance. Mes parents n'avaient pas beaucoup de disques pop et préféraient la chanson à
textes (Béart, Brel, Brassens, Barbara, Ferrat), mais leur discothèque contenait malgré tout
Revolver, un Joan Baez (disque Vanguard made in the USA avec la Belle indienne en cover) et quelques 45 tours insolites (yeah, deux Kinks!).
Bref, Revolver est mon LP préféré des Beatles et le début d'une longue histoire
intellectuelle avec ce groupe mythique et inépuisable ! je l'ai réécouté récemment
dans la version CD remastérisée qui est proche du son du disque (pressage US stéréo),
les défauts de gravure en moins.
Disque 2 : Rolling Stones, Let it Bleed (1969). Etes-vous Beatles ou Stones ? Incontestablement
Beatles car j'aime les belles mélodies pop. J'ai découvert la discographie des Stones au début
des années 70 avec Exile on main Street puis It's only rock'n'roll. Le départ de
Mick Taylor et l'arrivée de Ron Wood m'ont définitivement fâché avec le groupe mais
j'ai redécouvert alors toute leur fabuleuse production des sixties. Let it Bleed - tout comme Beggars
Banquet - est un album d'une densité et d'une violence rarement égalées dans le rock.
Exile on Main street , enregistré sur la côte d'azur, est également un chef d'oeuvre blues-rock (récemment réédité avec des inédits).
Disque 3 : John lennon & Plastic Ono Band (1970). Je suis un fan quasi inconditionnel de
John Lennon, même si le personnage n'était pas toujours très sympathique. Son premier disque
solo, très épuré (la batterie lourde et basique de Ringo, la basse organique de l'artiste Klaus Voormann)
sinon minimaliste (l'influence de Yoko?) est une sorte de cri primal et de bouée de sauvetage après
la séparation des Beatles. C'est magnifique, à l'image d'une pochette pointilliste devenue un classique des rock covers : Mother,
Working class heroe, Remember, Isolation, God...Les autres disques solo de Lennon seront plus inégaux,
même le mythique Imagine.
God is a concept
By which we mesure our pain
Voilà qui n'aidait pas à garder la foi !
Disque 4 : Leonard Cohen,Songs for Love and Hate
(1970). La découverte du poète canadien au début des années
70 m'a incontestablement poussé à jouer de la guitare. J'ai appris consciencieusement tous ses morceaux
et arpèges, afin de dépasser un peu le Suzanne des feux de camp (Graeme Allwright, toujours alerte, il fait des concerts!). A dire
vrai, les paroles étaient un peu hermétiques, tout comme celles de Dylan, mais quelle voix splendide.
Le très sombre Songs for Love and Hate reste mon préféré (malgré quelques
titres plus faibles) et je pense que Jean-Louis Murat serait d'accord avec moi !
Disque 5 : Hot Tuna, Live in New Orleans (1970). La partie guitare du Jefferson Airplane (Cassady/dans un exercice de blues acoustique intemporel et magique. Avec même le bruit d'un verre cassé live...Certes, cela reste du blues "blanc", mais aussi bon (comme Clapton à son meilleur) que les originaux noirs et j'ai appris la guitare en jouant ce disque (avec le précédent sur la liste). Vus les compères
il y a dix ans ans au festival de blues de...Cléon sur Seine et acheté un T-shirt Hot Tuna à Jorma en chair et en os sur le stand !!!
Disque 5 : David Bowie, Hunky Dory (1972) Bowie ! Quel choc dans l'Angleterre du début
des seventies que ce personnage de Ziggie ! Et Life on Mars No 1 du Top of the pops ! La discographie
de Bowie est inégale (comme celle de Lou Reed, tiens j'aurais pu sélectionner le magnifique Berlin),
mais ses opus des années 1969-1976 sont devenus des classiques du rock, de Space Oddity à Station to Station. Hunky Dory est un album
intemporel, avec très peu de déchet (une chanson un peu plus faible, peut-être) et des sommets
d'art pop, comme cette chanson dédiée à Andy Warhol, la muse de tous ces arty-rockers-glam-décadents.
Disque 6 : Traffic, When the Eagle Flies (1974). A dire vrai, je suis membre d'un seul
fan club et c'est celui de Traffic, groupe britannique d'abord psychédélique puis de fusion rock/folk/jazz
autour du petit génie Steve Winwood (le seul rescapé aujourd'hui, avec David Mason). Choisir un disque
de Traffic relève pour moi de l'exploit, mais sentimentalement, c'est le dernier album avant leur disparition
(le groupe se reformera toutefois dans les années 1990, avec une tournée en 1994): à écouter
notamment le sublime Love.
Disque 7 : Bob Dylan, Blood on the Track (1975). Il y a à prendre et à
laisser dans la discographie de Robert Zimmermann mais très peu à jeter entre 1963 et 1975. Dès
la première écoute de Blood on the Tracks, j'ai pressenti le chef d'oeuvre "absolu".
Régulièrement, je joue presque tout le disque à la guitare, avec une préférence
pour You're a Big Girl Now et toujours les mêmes difficultés à tenir la distance en english. Dylan est l'un des grands artistes du XXème siècle et il est
un pan de l'histoire américaine du XXème siècle (Grail Marcus).
Time is like a jet plane/It moves too fast
Disque 8 : The Cure, Pornography (1982). Entre 1976 et 1981, je suis passé tout
à fait à côté du punk, pas ma tasse de thé ou trop vieux (?), même si j'aimais
bien The Clash et Talking Heads. Période baba-cool et mâtinée country & western et estampillée
CSN&Y. Mais Cure a changé la donne. La trilogie Seventeen seconds/Faith/Pornography demeure un sommet de ce qu'on a appelé
la cold ou new wave (vite noyée dans les synthétiseurs et la disco pop, à l'exception peut-être
de Depeche Mode et New Order), mais ce sont surtout des albums magnifiques. En concert, ce n'était pas mal
non plus (Olympia 1982 surtout, puis Zénith 1984)...Depuis Robert Smith se maquille, boit, se répète et se parodie.
Disque 10 R.E.M, Automatic for the People (1992). Ce groupe fut l'une des bouffées
d'oxygène rock du début des années 80 avec les Smiths et Morrissey (voir plus haut Disque 9). Automatic est un
petit miracle musical (Up aussi est très bon, tout comme New adventures in Hi-Fi), que l'on peut écouter en boucle avec le même
bonheur - enfin bonheur je ne sais pas puisque l'on raconte que Kurt Cobain en avait fait son CD de chevet avant
inventaire...REM est en tous cas l'un des rares groupes des années 80 à continuer à faire
de bons disques et de bons concerts, ce qui n'est pas rien (souvenir mitigé toutefois d'un Bercy il y a
quelques années).
* Les disques finalement mis à l'écart (dans le désordre) :
Neil Young, Harvest ou n'importe quel autre en fait, Comes a Time, Zuma, On the Beach, Harvest Moon...
Morrissey, Viva Hate. Moz ou Momo (qui a pris de la bouteille et qui n'a pas toujours eu les idées politiquement claires) a réussi après l'épisode des Smiths (1982-87) une carrière solo inégale mais globalement convaincante. Dandy dépressif et inspiré, Morrrissey fait sonner l'album Viva Hate comme un ultime disque des Smiths et même sans Johnny Marr il n'y a rien à jeter, cela s'écoute en boucle...A l'époque le titre Margaret on the guillotine était tout de même un sacré brûlot anti-Thatcher !
Joni Mitchell, Blue (ou Court & Sparks?) : une grande dame, surtout dans les 70's, avec une voix superbe, toute en finesse.
Talking Heads, Remain in Light : Brian Eno à la production, ça pulse ! Ma seule incursion punk fut celle des Talking Heads entre 1977 et 1979.
Paul Kantner & Grace Slick, Sunfighter : j'adore ce disque néo-psychédélique
et il sonne aujourd'hui encore très bien avec le voix éthérée de Grace Slick
Ian Hunter, All Americain Alien Boys : du glam façon Mott ? Non un album dylanien toujours
très très attachant.
Johnny Cash, American III (ou I ou II ou IV ou V!) : une voix magnifique et j'aime la country,
c'est ainsi...Les derniers enregistrements de Nash ante mortem sont fabuleux.
Robert Wyatt, Rock Bottom : Un ovni que ce disque et le début d'une carrière sans
concession pour ce musicien très original, parfois génial.
Tim Buckley, Goodbye & Hello : trop tôt disparu, comme son fils, c'est le tragique
du rock?
Nick Drake, Pink Moon, un astre fugitif du folk, dimension supérieure, l'égal d'un Dylan.
Pink Floyd, Atom Heart Mother : cela n'a pas pris une
ride, incroyable, quel son ! Un classique aujourd'hui étudié pour le bac musique en compagnie de Bach et Ravel. Si, si !
Jimi Hendrix, Axis:Bold As Love : Hendrix avant les outrances électrico-psychédéliques.
The blues, man.
Lou Reed, Berlin : Lou Reed se prend au sérieux, se croit un grand poète. Mais
il a été l'âme musicale du Velvet et il a commis des chefs d'oeuvre, dont celui-ci.
Iain Matthews, If you saw thru my eyes : j'aime ce chanteur (vu en 2000 à Paris devant
15 personnes alors qu'il fut une star), tout comme j'aime aussi le suivant.
Jackson Browne, The Pretender : Mon Californien préféré, écolo-compatible.
Doors, LA Woman : Rien à dire, c'est un grand disque et les Doors n'ont pas vieilli.
New Order, Low-Life : Joy Division trop déprimant, New Order, c'est un son mancunien
qui est vraiment particulier, hypnotique.
The Who, Quadrophenia(is it me for a moment?): opéra-rock ambitieux mais c'est
toute l'histoire des Mods...
Divine Comedy, Regeneration : Le surdoué se prend au sérieux et n'est pas toujours
très bon sur scène, mais ce disque est vraiment très homogène.
Midlake, The Courage of Others : petit miracle et celui-là daté de 2010, donc le folk/rock
se porte bien, merci ! (évouter Bon Iver, the National, Other Lives etc.)
CONCERTS
CLAPTON & WINWOOD
BERCY, le 25 mai 2010 Clapton & Winwood jouant ici sur deux Fender Stratocaster blue...Il m'a fallu une lunette astronomique !
Bercy comble (ou presque), public sage 40-60 ans, un son très correct pour Bercy, une lumière assez froide et nos deux rock-héros des seventies, anciens associés de Blind Faith et de bien d'autres aventures. Un set inégal, parfois en roue libre, les choristes assez pénibles, le band assure. Les meilleurs moments sont blues (super set acoustique avec deux Martin en chorus !!!) ou rhythm & blues (gimme some lovin, Georgia chantés par Winwood), interprétation habitée et longue de voodoo child d'Hendrix avec quelques gammes brillantes de Clapton, les mêmes toutefois qu'au Festival de blues de Chicago. Certains "classiques" des deux musiciens apparaissent un peu bâclés, c'est bien moins rigoureux que leur précédent concert à Londres en 2008 et il n'y a pas l'émotion (et la classe) des retrouvailles de Clapton avec Cream (Jack Bruce et Ginger Baker). Nos papys se ménagent et ils ont raison, même si d'autres loners restent toujours de vrais jeunes gens excités (hein Neil Young ?).
Winwood solo
BOBINO, 7 OCTOBRE 2010
Le fan de TRAFFIC ne pouvait faire l'impasse sur la prestation solo de Winwood, quelques mois seulement
après le duo avec Clapton. Changement de décor : la petite salle de Bobino (une demi-salle en fait), une proximité intime avec les musiciens, un son vraiment valable (plus d'oreilles qui bourdonnent) et UN BON CONCERT. La formation de Winwood est proche du concept Traffic, avec un batteur, un percussionniste, un multinstrumentiste (flute, sax), un guitariste, pas de bassiste et Steve essentiellement à l'orgue Hammond. La tonalité est très rhythm & blues, avec les sonorités intéressantes du dernier album (riffs de guitares, jolis contre-temps rythmiques). Pas de doute, la partie la plus convaincante du set sur le plan musical concerne les reprises de TRAFFIC. Dans Light up and live me alone souffle l'esprit de Capaldi et son énergie d'enfer, tandis que The Low Spark of High Heeled Boys reste un classique du rock-fusion du début des années 70. Le groupe est également convaincant et très technique dans les morceaux jazzy, moins dans une ou deux ballades sirupeuses qui endorment. Les reprises éternelles de Can't find my way home ou du repertoire du Spencer Davis Group sont excellentes mais finissent par lasser l'auditeur un peu blasé. I'm a Man, certes , mais on préfererait écouter quelques perles rares, même pourquoi pas du Traffic revisited des années 1990 (Far from Home). Le caractère juvénile de Mr Winwood reste étonnant, presque un mystère et il reste toute de même le seul musicien de rock à très bien jouer de l'orgue Hammond. Un mot sur le public...plus âgé qu'au concert de Clapton, c'est un festival de cheveux blancs et de crânes dégarnis (plus d'hommes que de femmes). Au premier rang, à deux mètres de la scène, quelques papys s'agitent frénétiquement comme à la fin des sixties. Le concert était semble t-il sponsorisé par NOSTALGIE FM...
Ca c'est moins cool.
31 décembre 2011 / LEWIS FUREY AU THEATRE DU ROND POINT
Rien n’est lisse ni calme dans l’univers de Lewis Furey. Ni dans son parcours, ni dans son tour de chant. Récital ou show, concert ou rétrospective, le Selected Songs Recital marque le retour à la chanson d’un artiste rare et libre. Ses chansons traversent les scènes et les écrans depuis près de quarante ans. Musiques et textes baignés de la lumière des lacs et des forêts, ou des nuits de New York et de Montréal. Lui, dont la presse anglo-saxonne disait qu’il n’avait « rien à envier ni à Bowie ni à Lou Reed », a bourlingué du Canada où il est né en 1949 aux studios d’Hollywood en passant par la scène rock d’une Europe qui fait tomber les murs. Quatre voix d’hommes, une voix de femme, des surprises. Un répertoire qui vient d’ailleurs, traverse le temps et les genres.
Gamin, il est violoniste. Adolescent, il s’installe à New York, étudie la musique et le spectacle. Dès 1974, il enregistre les disques de ses chansons, part en tournée, compose des musiques de films, de théâtre dont Jacky Paradis de Jean-Michel Ribes ; il devient acteur, vidéaste, réalisateur. Compagne et égérie, Carole Laure est de l’aventure. À ses côtés, le maître et ami Léonard Cohen cosigne la comédie musicale Night Magic. Plus tard, il met en scène Starmania, puis s’inspire d’Antoine et Cléopâtre de Shakespeare pour créer A&C Project. L’artiste revient sur scène, ferveur intacte, déployant en tableaux ses « chansons de théâtre ».