MUSIQUES

PLAYLIST D'ECOUTE

Hiver 2011/2012

Metronomy (pop & pop !)

Time of no reply/Misja Fitzgerald Michel

(hommage à Nick Drake)

Eté/Automne 2011

Other Lives

(le groupe à écouter!!! et surtout à voir sur scène)

Voir les sessions sur KEXP

The Feelies

(dans l'esprit du Velvet)

Printemps 2011

Fleet Foxes

Timber Timbre

Graham Nash, Reflections

Paul McCartney, first solo LP 2011 release

mars 2011

REM, Collapse into now

Le groupe d'Athens est de retour mais s'il ya deux ou trois bons titres, on ne peut dire que l'inspiration est revenue depuis...Up ?

novembre 2010

Souad Massi, O Houria

Un très bel album (produit par Cabrel) de cette chanteuse algérienne devenue une véritable vedette en Europe.

octobre 2010

Bowie : station to sation et concert 1976

Un coffret de luxe du thin white duke. J'ai vu le concert de mai 76 à Paris alors je sais de quoi je parle!

juin 2010

Kings of convenience

(Declaration of dependance)

Un groupe folk/rock norvégien, entre Simon & Garfunkel et B&S, très très cool...

mai 2010

Starboard silent side

un groupe franco-batave qui a enregistré dans le Vermont un disque étonnant de maturité folk/rock

avril 2010

MIDLAKE, The courage of others

vraie révélation de cette année 2010 : on y entend à la fois du radiohead, du caravan, du fairport convention, du donovan, du king crimson...SUPERBE

février/mars 2010

Pat Metheny, Orchestrion

vue à l'Olympia l'expérience "orchestrion" du Californien...très convaincante, même si rien ne vaut un Roy Haynes par exemple aux drums!

octobre/décembre 2009

une écoute francophone !

Benjamin Biolay, La superbe

(j'aime bien l'écriture de Biolay mais là il y a un peu (trop) de déchet

Brigitte Fontaine, Prohibition

(la dernière des rebelles ?)

Dominique A, La musique

(son ton new wave me plait bien)

Berry, Mademoiselle

(en boucle...)

septembre 2009

Bireli Lagrene

(voir mes photos de Biréli)

le meilleur !

John Fogerty

très country et très sympa

Revolver (le groupe et... le site!)

jolies mélodies mais ils n'ont pas inventé la pop

(mai/juin 2009)

Van Morrison, Astral weeks live at the Hollywood Bowl

Mythique (l'album Astral Weeks)

Neil Young, Fork in the road

(un album déjanté et sonique, sur deux accords au plus, le concert en France au zénith ayant levé tous les doutes!)

Cocoon, My Friends All Died In A Plane Crash

(un album zen et euphorisant, musique de pub mais un peu plus aussi... par nos frenchies clermontois)

elbow, The Seldom Seen Kid

(Meilleur groupe de l'année 2008 des Brit Awards)

ACHETEZ LEGALEMENT

et ecoutez sur

Spotify

LA VIDEO PREFEREE DU MOIS

en MAI 2010

VOIR LES PHOTOS DU CONCERT CLAPTON/WINWOOD ET LA CHRONIQUE DU CONCERT

.

en février 2010

en novembre 2009

superbe adaptation du mythique morceau du Floyd

en mai 2009

COCOON / chupee :de la POP !

en avril

Une résurrection !

Ecouter aussi

en mars

commentaire

Une version bashungienne des "mots bleus" sur Canal+, bien meilleure que l'original, c'est dire!

en février

Robert Wyatt & Annie Whitehead Sea Song (BBC Four)

commentaire

Sublime ! On en pleure d'émotion...

 

 

 

MUSIQUE POP/ROCK/FOLK

La note bleue, huile sur toile, peinte en 1998

Cette rubrique est destinée à la chronique de disques, à des études sur des musiciens, des chansons, des mouvements musicaux etc.

A LA UNE

other lives (2011)

 

LIENS EIGHTIES

 

LE ROCK SELON SALMAN RUSHDIE

Le rock, lorsqu'il nous est apparu à nous, gosses de Bombay, n'était pas une musique étrangère imposée par l'impérialisme, mais quelque chose qui nous appartenait en propre - bien qu'aucun d'entre nous à l'époque n'ait jamais mis les pieds aux USA ou même ailleurs. Pour-tant, nous écoutions cette musique née au fond du Sud américain, à Plouc City, et nous y répondions immédiatement. C'est assez surprenant: après tout, la communication de masse n'existait pas, ou à peine. Et pourtant ça nous parlait. Récemment, je me suis retrouvé à parler de ça avec un ami chinois de ma génération, qui m'expliquait comment en Chine, lorsqu'il avait 11 ou 12 ans, la radio diffusait parfois des morceaux de Mozart ou de Beethoven. Pour eux, cette musique était incompréhensible, personne ne savait comment l'écouter, car trop occidentale. Et puis un jour on a passé un truc d'Elvis Presley et immédiatement, tout le monde a compris. C'est ce qui est remarquable avec le rock : à Beijin, en Patagonie, comme à Bombay ces bruits bizarres faits par des petits Blancs américains parfaitement provinciaux, qui s'efforçaient tant bien que mal de chanter comme des Noirs, ont eu un écho mondial immédiat. Pourquoi ? En un sens, ce roman est une tentative de réponse à cette question. Ma théorie est que, bien longtemps avant le développement de ce que nous appelons aujourd'hui la world-music, le rock'n'roll à l'origine était une forme de world-music: une musique mixte, bâtarde. Commencée avec les rythmes africains, exportée aux USA sur les navires négriers, modifiée dans les champs de coton du Missisipi, puis à nouveau par les premières technologies d'enregistrement; ensuite par le désir d'imiter ces enregistrements. Et ce désir donne Elvis Presley diffusé sur tout le territoire américain, avant qu'à nouveau mchisse l'océan, mais dans l'autre sens, jusqu'en Angleterre, où de nouvelles mutations s'opèrent cette fois sous l'influence des Beatles, des Rolling Stones: on franchit un degré supplémentaire dans la sophistication technologique, et retour aux USA, et ainsi de suite. Et je crois que c'est l'explication: la raison pour laquelle cette musique parle à tous est que tous ont une part dans sa création à un moment ou un autre. Une musique de migrations. Faite par des gens déracinés, pour des gens en voie de déracinement. Un langage facilitant l'intégration.

(Salman Rushdie, octobre 1999). 

GROUPES ET MUSICIENS DES SIXTIES (sixties beat & psychedelic revival)

Syd Barrett
Beach Boys
The Beatles
Big Brother & The Holding Company
The Boxtops
Eric Burdon & Animals
Cilla Black
Buffalo Springfield
The Byrds
Captain Beefheart
Johnny Cash
Petula Clark
Country Joe & The Fish
Creedence Clearwater Revival & Fogerty

The Cream
Crosby Stills and Nash
Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick and Tich
The Doors
Donovan
Dylan (Bob)
The Everly Brothers
Adam Faith
Four Seasons
Leslie Gore
Moby Grape

The Grateful Dead
Jimi Hendrix
The Hollies
Incredible String Band
Jefferson Airplane
The Kinks
Manfred Mann
John Martyn
Van Morrison (Them)


Laura Nyro
Roy Orbison
Pink Floyd

Pretty Things
Procol Harum
Quicksilver Messenger Service
Otis Redding
Sir Cliff Richard
Marty Robbins
Rolling Stones
The Searchers

The Shadows
Del Shannon 
Small Faces
Spencer Davis Group
Lovin' Spoonful
Dusty Springfield
Steppenwolf
Swinging Blue Jeans
Cat Stevens
Traffic (&Jim Capaldi)
Troggs
The Turtles
Tyrannosaurus Rex/Marc Bolan

Vanilla Fudge
Jimmy Webb
The Who

Yes
The Yardbirds
Led Zeppelin
The Zombies

Liens vérifiés au 1er février 2010

 

2. seventies revival (liens à compléter, patience !)

180 groupes et artistes des seventies

Listage en cours en juin 2011 : incroyable, ils ont presque tous un site officiel et beaucoup font encore des tournées !!!

  1. AC/DC
  2. Aerosmith
  3. The Allman Brothers Band
  4. America
  5. Average White Band
  6. Bachman-Turner Overdrive
  7. Bad Company & Paul Rodgers
  8. Badfinger
  9. The Band
  10. Jeff Beck
  11. Bee Gees
  12. The B-52'
  13. Black Sabbath
  14. Blondie
  15. Blood, Sweat & Tears
  16. Blue Oyster Cult
  17. Boston
  18. David Bowie
  19. James Brown
  20. Jackson Browne
  21. The Buzzcocks
  22. Can
  23. Caravan
  24. The Cars
  25. Chic
  26. Cheap Trick
  27. Chicago
  28. The Clash
  29. Eric Clapton
  30. Jimmy Cliff
  31. Joe Cocker
  32. Colosseum
  1. Alice Cooper
  2. Elvis Costello
  3. Creedence Clearwater Revival
  4. Jim Croce
  5. Crosby, Stills, Nash & Young
  6. Deep Purple
  7. John Denver
  8. Derek &the Dominoes
  9. Devo
  10. Neil Diamond
  11. The Doobie Brothers
  12. Nick Drake
  13. Bob Dylan
  14. Eagles
  15. Earth, Wind & Fire
  16. Electric Light Orchestra
  17. Emerson, Lake & Palmer
  18. Faces
  19. Fleetwood Mac
  20. Dan Fogelberg
  21. Foghat
  22. Foreigner
  23. Aretha Franklin -
  24. Peter Frampton
  25. Funkadelic
  26. Peter Gabriel
  27. Gang of Four
  28. David Gates
  29. Marvin Gaye
  30. The J. Geils Band
  1. Genesis
  2. Grand Funk Railroad
  3. Grateful Dead
  4. Isaac Hayes
  5. Al Green
  6. The Guess Who
  7. George Harrison
  8. Hawkwind
  9. Heart
  10. Jimi Hendrix
  11. The Hollies
  12. Humble Pie
  13. Michael Jackson
  14. Jefferson Starship
  15. Jethro Tull
  16. Billy Joel
  17. Elton John
  18. Rickie Lee Jones
  19. Janis Joplin
  20. Kansas
  21. Carole King
  22. King Crimson
  23. The Kinks
  24. Kiss
  25. Kraftwerk -
  26. Led Zeppelin
  27. John Lennon
  28. Gordon Lightfoot
  29. Little Feat
  30. Loggins And Messina
  31. Lynyrd Skynyrd
  32. Mannassas
  33. Bob Marley & The Wailers
  34. Dave Mason
  35. Curtis Mayfield
  36. Paul McCartney
  37. PaulMcCartney/Wings
  38. Don McLean
  39. Meat Loaf
  40. Steve Miller Band
  41. Joni Mitchell
  42. The Modern Lovers
  43. Montrose
  44. The Moody Blues
  1. Van Morrison
  2. Mott The Hoople
  3. Mountain
  4. The Move
  5. Graham Nash
  6. Nazareth
  7. Willie Nelson
  8. Randy Newman
  9. The New York Dolls
  10. Harry Nilsson
  11. The Nitty Gritty Dirt Band
  12. Pentangle
  13. Graham Parker
  14. The Alan Parsons Project
  15. Gram Parsons
  16. Tom Petty and the Heartbreakers
  17. Pink Floyd
  18. Iggy Pop/The Stooges
  19. Iggy Pop
  20. Procol Harum
  21. Queen
  22. Gerry Rafferty
  23. Ramones
  24. Lou Reed -
  25. The Rolling Stones
  26. Linda Ronstadt
  27. Roxy Music
  28. Todd Rundgren
  29. Leon Russel
  30. Santana
  31. Boz Scaggs
  32. Savoy Brown
  1. Bob Seger
  2. The Sex Pistols
  3. Simon & Garfunkel -
  4. Paul Simon
  5. Sly & The Family Stone
  6. Patti Smith
  7. The Specials
  8. Bruce Springsteen
  9. Ringo Starr
  10. Steely Dan
  11. Cat Stevens
  12. Al Stewart
  13. Rod Stewart
  14. Supertramp
  15. James Taylor
  16. Television -
  17. 10cc
  18. Thin Lizz
  19. Three Dog Night
  20. Traffic
  21. T. Rex -
  22. Robin Trower
  23. Uriah Heep
  24. Van Halen
  25. The Velvet Underground
  26. Rick Wakeman
  27. Tom Waits
  28. War
  29. The Who
  30. The Edgar Winter Group
  31. Bill Withers
  32. Stevie Wonder
  33. Gary Wright
  34. XTC
  35. Yes
  36. Neil Young
  37. ZZ Top

Merci de m'envoyer vos liens préférés sixties et seventies

ETUDES DE MORCEAUX DE MUSIQUE POP

 

ARTICLES

Pour une histoire culturelle du rock

 

 

LOVE ME DO

Love Me Do n'est pas une chanson totalement anodine. Elle se distingue en effet par trois caractères conjugués : une remarquable simplicité, une étonnante rigueur et quelques singularités. C'est par cette conjugaison, présente dans la plupart des chansons écrites à partir de la fin 1962, que les Beatles semblent se démarquer des autres groupes beat. La simplicité se retrouve à la fois dans le rythme (une mesure 4/4 ternaire soulignée par la grosse caisse, ainsi que par la caisse claire rehaussée par le son du tambourin), la mélodie (en mode de sol, sur une seule octave) et l'harmonie (une grande évidence, base du succès pop). Cela dit, la structure du morceau est particulièrement rigoureuse — résultat d'un travail de G.Martin — dans le cadre contraignant des deux minutes à deux minutes trente réglementaires du hit-parade. L'énergie naturelle du groupe est ainsi canalisée. La singularité principale de Love Me Do est l'harmonisation vocale systématique de la mélodie. A l'exception du refrain, deux voix sont harmonisées — celles de John Lennon et de Paul McCartney, qui chantent d'ailleurs devant le même micro. Les Beatles prennent ainsi le contrepied de la variété pop, où le refrain est souvent l'occasion d'entendre plusieurs voix et non le chanteur principal. La singularité secondaire est le motif d'harmonica (riff) de quatre notes, très facilement mémorisable. L'ensemble est réalisé avec une grande simplicité, et pratiquement aucun effet technique, ce qui n'est guère étonnant avec un enregistrement mono sur deux pistes et un nombre de "prises" limitées pour des raisons financières.

ANALYSE MUSICALE (écouter Love Me Do en format .midi)

Sur You Tube (1963)

INSTRUMENTATION Batterie, tambourin, basse, 2 guitares, harmonica, voix lead, 2ème voix

STRUCTURE
 
Introd. I 

6 mesures
Couplet (C1) 

8
Break (B) 

1
Refrain (R 

4
C2 

8
B 

1
R 

4
Pont ((P) 

C3 

8
B 

1
R instru 

4
P instru 

12
C4 

8
B 

1
R 

ad lib
Durée 

2.19s
Structure tripartite C,R,P.

RYTHME

Mesure: 4/4 ternaire

Tempo: 148 bpm

Cellule rythmique:

MELODIE

Mode: Sol mixolydien,(mode de sol), acceptant Fa# et Sib sur P

Ambitus: octave (Sol-Sol)

Cellule mélodique de C:

Cellule mélodique de R:

HARMONIE

Mode: Sol mixolydien

Accords utilisés: tonique(I), sous-dominante(IV), dominante(V)

Sur C:
I IV I IV I IV IV IV
Sur R:
 
I IV I IV ou I
Sur P:
 
V (fa#) V IV (sib) I
V V IV I
I I I I
Remarques:

Simplicité : harmonie, rythme, mélodie.

Rigueur : structure

Singularités : - harmonisation vocale systématique à 2 voix de la mélodie 2

voix (sauf R)

- motif d'harmonica -riff- de 4 notes sur I et R, très facilement mémorisable !!!

 

YESTERDAY

LA PLAY LIST IDEALE (?)

voici les dix disques - en format mp3 ? non! avec les pochettes vinyl originales et une platine de préférence ! - que je garderai pour passer une retraite heureuse (à 67 ans ?) sous les cocotiers (plutôt d'ailleurs les sapins), sans se lasser le moins du monde. J'ai fait ce choix très subjectif sans trop réfléchir et je me suis arrêté en fait en...1992 pour le Top 10. Curieusement, rien ne m'est venu facilement spontanément à l'esprit dans les années 1990/2000, même si le rock est encore resté très créatif (plus le temps d'écouter, d'évoluer?). Evidemment, il y a plein de disques et de périodes oubliés, sacrifiés: c'est la loi du genre. Cela manque de voix féminines notamment.

Disque 1 : Beatles, Revolver (1967). Premier disque rock écouté en boucle sur un électrophone et tout particulièrement la chanson Got to Get You into My Life. Une chance. Mes parents n'avaient pas beaucoup de disques pop et préféraient la chanson à textes (Béart, Brel, Brassens, Barbara, Ferrat), mais leur discothèque contenait malgré tout Revolver, un Joan Baez (disque Vanguard made in the USA avec la Belle indienne en cover) et quelques 45 tours insolites (yeah, deux Kinks!). Bref, Revolver est mon LP préféré des Beatles et le début d'une longue histoire intellectuelle avec ce groupe mythique et inépuisable ! je l'ai réécouté récemment dans la version CD remastérisée qui est proche du son du disque (pressage US stéréo), les défauts de gravure en moins.

Disque 2 : Rolling Stones, Let it Bleed (1969). Etes-vous Beatles ou Stones ? Incontestablement Beatles car j'aime les belles mélodies pop. J'ai découvert la discographie des Stones au début des années 70 avec Exile on main Street puis It's only rock'n'roll. Le départ de Mick Taylor et l'arrivée de Ron Wood m'ont définitivement fâché avec le groupe mais j'ai redécouvert alors toute leur fabuleuse production des sixties. Let it Bleed - tout comme Beggars Banquet - est un album d'une densité et d'une violence rarement égalées dans le rock. Exile on Main street , enregistré sur la côte d'azur, est également un chef d'oeuvre blues-rock (récemment réédité avec des inédits).

Disque 3 : John lennon & Plastic Ono Band (1970). Je suis un fan quasi inconditionnel de John Lennon, même si le personnage n'était pas toujours très sympathique. Son premier disque solo, très épuré (la batterie lourde et basique de Ringo, la basse organique de l'artiste Klaus Voormann) sinon minimaliste (l'influence de Yoko?) est une sorte de cri primal et de bouée de sauvetage après la séparation des Beatles. C'est magnifique, à l'image d'une pochette pointilliste devenue un classique des rock covers : Mother, Working class heroe, Remember, Isolation, God...Les autres disques solo de Lennon seront plus inégaux, même le mythique Imagine.

God is a concept

By which we mesure our pain

Voilà qui n'aidait pas à garder la foi !

Disque 4 : Leonard Cohen, Songs for Love and Hate (1970). La découverte du poète canadien au début des années 70 m'a incontestablement poussé à jouer de la guitare. J'ai appris consciencieusement tous ses morceaux et arpèges, afin de dépasser un peu le Suzanne des feux de camp (Graeme Allwright, toujours alerte, il fait des concerts!). A dire vrai, les paroles étaient un peu hermétiques, tout comme celles de Dylan, mais quelle voix splendide. Le très sombre Songs for Love and Hate reste mon préféré (malgré quelques titres plus faibles) et je pense que Jean-Louis Murat serait d'accord avec moi !

Disque 5 : Hot Tuna, Live in New Orleans (1970). La partie guitare du Jefferson Airplane (Cassady/dans un exercice de blues acoustique intemporel et magique. Avec même le bruit d'un verre cassé live...Certes, cela reste du blues "blanc", mais aussi bon (comme Clapton à son meilleur) que les originaux noirs et j'ai appris la guitare en jouant ce disque (avec le précédent sur la liste). Vus les compères il y a dix ans ans au festival de blues de...Cléon sur Seine et acheté un T-shirt Hot Tuna à Jorma en chair et en os sur le stand !!!

Disque 5 : David Bowie, Hunky Dory (1972) Bowie ! Quel choc dans l'Angleterre du début des seventies que ce personnage de Ziggie ! Et Life on Mars No 1 du Top of the pops ! La discographie de Bowie est inégale (comme celle de Lou Reed, tiens j'aurais pu sélectionner le magnifique Berlin), mais ses opus des années 1969-1976 sont devenus des classiques du rock, de Space Oddity à Station to Station. Hunky Dory est un album intemporel, avec très peu de déchet (une chanson un peu plus faible, peut-être) et des sommets d'art pop, comme cette chanson dédiée à Andy Warhol, la muse de tous ces arty-rockers-glam-décadents.

Disque 6 : Traffic, When the Eagle Flies (1974). A dire vrai, je suis membre d'un seul fan club et c'est celui de Traffic, groupe britannique d'abord psychédélique puis de fusion rock/folk/jazz autour du petit génie Steve Winwood (le seul rescapé aujourd'hui, avec David Mason). Choisir un disque de Traffic relève pour moi de l'exploit, mais sentimentalement, c'est le dernier album avant leur disparition (le groupe se reformera toutefois dans les années 1990, avec une tournée en 1994): à écouter notamment le sublime Love.

Disque 7 : Bob Dylan, Blood on the Track (1975). Il y a à prendre et à laisser dans la discographie de Robert Zimmermann mais très peu à jeter entre 1963 et 1975. Dès la première écoute de Blood on the Tracks, j'ai pressenti le chef d'oeuvre "absolu". Régulièrement, je joue presque tout le disque à la guitare, avec une préférence pour You're a Big Girl Now et toujours les mêmes difficultés à tenir la distance en english. Dylan est l'un des grands artistes du XXème siècle et il est un pan de l'histoire américaine du XXème siècle (Grail Marcus).

Time is like a jet plane/It moves too fast

Disque 8 : The Cure, Pornography (1982). Entre 1976 et 1981, je suis passé tout à fait à côté du punk, pas ma tasse de thé ou trop vieux (?), même si j'aimais bien The Clash et Talking Heads. Période baba-cool et mâtinée country & western et estampillée CSN&Y. Mais Cure a changé la donne. La trilogie Seventeen seconds/Faith/Pornography demeure un sommet de ce qu'on a appelé la cold ou new wave (vite noyée dans les synthétiseurs et la disco pop, à l'exception peut-être de Depeche Mode et New Order), mais ce sont surtout des albums magnifiques. En concert, ce n'était pas mal non plus (Olympia 1982 surtout, puis Zénith 1984)...Depuis Robert Smith se maquille, boit, se répète et se parodie.

Disque 10 R.E.M, Automatic for the People (1992). Ce groupe fut l'une des bouffées d'oxygène rock du début des années 80 avec les Smiths et Morrissey (voir plus haut Disque 9). Automatic est un petit miracle musical (Up aussi est très bon, tout comme New adventures in Hi-Fi), que l'on peut écouter en boucle avec le même bonheur - enfin bonheur je ne sais pas puisque l'on raconte que Kurt Cobain en avait fait son CD de chevet avant inventaire...REM est en tous cas l'un des rares groupes des années 80 à continuer à faire de bons disques et de bons concerts, ce qui n'est pas rien (souvenir mitigé toutefois d'un Bercy il y a quelques années).

 * Les disques finalement mis à l'écart (dans le désordre) :

Neil Young, Harvest ou n'importe quel autre en fait, Comes a Time, Zuma, On the Beach, Harvest Moon...

Morrissey, Viva Hate. Moz ou Momo (qui a pris de la bouteille et qui n'a pas toujours eu les idées politiquement claires) a réussi après l'épisode des Smiths (1982-87) une carrière solo inégale mais globalement convaincante. Dandy dépressif et inspiré, Morrrissey fait sonner l'album Viva Hate comme un ultime disque des Smiths et même sans Johnny Marr il n'y a rien à jeter, cela s'écoute en boucle...A l'époque le titre Margaret on the guillotine était tout de même un sacré brûlot anti-Thatcher !

Joni Mitchell, Blue (ou Court & Sparks?) : une grande dame, surtout dans les 70's, avec une voix superbe, toute en finesse.

Talking Heads, Remain in Light : Brian Eno à la production, ça pulse ! Ma seule incursion punk fut celle des Talking Heads entre 1977 et 1979.

Paul Kantner & Grace Slick, Sunfighter : j'adore ce disque néo-psychédélique et il sonne aujourd'hui encore très bien avec le voix éthérée de Grace Slick

Ian Hunter, All Americain Alien Boys : du glam façon Mott ? Non un album dylanien toujours très très attachant.

Johnny Cash, American III (ou I ou II ou IV ou V!) : une voix magnifique et j'aime la country, c'est ainsi...Les derniers enregistrements de Nash ante mortem sont fabuleux.

Robert Wyatt, Rock Bottom : Un ovni que ce disque et le début d'une carrière sans concession pour ce musicien très original, parfois génial.

Tim Buckley, Goodbye & Hello : trop tôt disparu, comme son fils, c'est le tragique du rock?

Nick Drake, Pink Moon, un astre fugitif du folk, dimension supérieure, l'égal d'un Dylan.

Pink Floyd, Atom Heart Mother : cela n'a pas pris une ride, incroyable, quel son ! Un classique aujourd'hui étudié pour le bac musique en compagnie de Bach et Ravel. Si, si !

Jimi Hendrix, Axis:Bold As Love : Hendrix avant les outrances électrico-psychédéliques. The blues, man.

Lou Reed, Berlin : Lou Reed se prend au sérieux, se croit un grand poète. Mais il a été l'âme musicale du Velvet et il a commis des chefs d'oeuvre, dont celui-ci.

Iain Matthews, If you saw thru my eyes : j'aime ce chanteur (vu en 2000 à Paris devant 15 personnes alors qu'il fut une star), tout comme j'aime aussi le suivant.

Jackson Browne, The Pretender : Mon Californien préféré, écolo-compatible.

Doors, LA Woman : Rien à dire, c'est un grand disque et les Doors n'ont pas vieilli.

New Order, Low-Life : Joy Division trop déprimant, New Order, c'est un son mancunien qui est vraiment particulier, hypnotique.

The Who, Quadrophenia(is it me for a moment?): opéra-rock ambitieux mais c'est toute l'histoire des Mods...

Divine Comedy, Regeneration : Le surdoué se prend au sérieux et n'est pas toujours très bon sur scène, mais ce disque est vraiment très homogène.

Midlake, The Courage of Others : petit miracle et celui-là daté de 2010, donc le folk/rock se porte bien, merci ! (évouter Bon Iver, the National, Other Lives etc.)

CONCERTS

CLAPTON & WINWOOD

BERCY, le 25 mai 2010 Clapton & Winwood jouant ici sur deux Fender Stratocaster blue...Il m'a fallu une lunette astronomique !

Bercy comble (ou presque), public sage 40-60 ans, un son très correct pour Bercy, une lumière assez froide et nos deux rock-héros des seventies, anciens associés de Blind Faith et de bien d'autres aventures. Un set inégal, parfois en roue libre, les choristes assez pénibles, le band assure. Les meilleurs moments sont blues (super set acoustique avec deux Martin en chorus !!!) ou rhythm & blues (gimme some lovin, Georgia chantés par Winwood), interprétation habitée et longue de voodoo child d'Hendrix avec quelques gammes brillantes de Clapton, les mêmes toutefois qu'au Festival de blues de Chicago. Certains "classiques" des deux musiciens apparaissent un peu bâclés, c'est bien moins rigoureux que leur précédent concert à Londres en 2008 et il n'y a pas l'émotion (et la classe) des retrouvailles de Clapton avec Cream (Jack Bruce et Ginger Baker). Nos papys se ménagent et ils ont raison, même si d'autres loners restent toujours de vrais jeunes gens excités (hein Neil Young ?).

Winwood solo

BOBINO, 7 OCTOBRE 2010

Le fan de TRAFFIC ne pouvait faire l'impasse sur la prestation solo de Winwood, quelques mois seulement après le duo avec Clapton. Changement de décor : la petite salle de Bobino (une demi-salle en fait), une proximité intime avec les musiciens, un son vraiment valable (plus d'oreilles qui bourdonnent) et UN BON CONCERT. La formation de Winwood est proche du concept Traffic, avec un batteur, un percussionniste, un multinstrumentiste (flute, sax), un guitariste, pas de bassiste et Steve essentiellement à l'orgue Hammond. La tonalité est très rhythm & blues, avec les sonorités intéressantes du dernier album (riffs de guitares, jolis contre-temps rythmiques). Pas de doute, la partie la plus convaincante du set sur le plan musical concerne les reprises de TRAFFIC. Dans Light up and live me alone souffle l'esprit de Capaldi et son énergie d'enfer, tandis que The Low Spark of High Heeled Boys reste un classique du rock-fusion du début des années 70. Le groupe est également convaincant et très technique dans les morceaux jazzy, moins dans une ou deux ballades sirupeuses qui endorment. Les reprises éternelles de Can't find my way home ou du repertoire du Spencer Davis Group sont excellentes mais finissent par lasser l'auditeur un peu blasé. I'm a Man, certes , mais on préfererait écouter quelques perles rares, même pourquoi pas du Traffic revisited des années 1990 (Far from Home). Le caractère juvénile de Mr Winwood reste étonnant, presque un mystère et il reste toute de même le seul musicien de rock à très bien jouer de l'orgue Hammond. Un mot sur le public...plus âgé qu'au concert de Clapton, c'est un festival de cheveux blancs et de crânes dégarnis (plus d'hommes que de femmes). Au premier rang, à deux mètres de la scène, quelques papys s'agitent frénétiquement comme à la fin des sixties. Le concert était semble t-il sponsorisé par NOSTALGIE FM... Ca c'est moins cool.

31 décembre 2011 / LEWIS FUREY AU THEATRE DU ROND POINT

Rien n’est lisse ni calme dans l’univers de Lewis Furey. Ni dans son parcours, ni dans son tour de chant. Récital ou show, concert ou rétrospective, le Selected Songs Recital marque le retour à la chanson d’un artiste rare et libre. Ses chansons traversent les scènes et les écrans depuis près de quarante ans. Musiques et textes baignés de la lumière des lacs et des forêts, ou des nuits de New York et de Montréal. Lui, dont la presse anglo-saxonne disait qu’il n’avait « rien à envier ni à Bowie ni à Lou Reed », a bourlingué du Canada où il est né en 1949 aux studios d’Hollywood en passant par la scène rock d’une Europe qui fait tomber les murs. Quatre voix d’hommes, une voix de femme, des surprises. Un répertoire qui vient d’ailleurs, traverse le temps et les genres.
Gamin, il est violoniste. Adolescent, il s’installe à New York, étudie la musique et le spectacle. Dès 1974, il enregistre les disques de ses chansons, part en tournée, compose des musiques de films, de théâtre dont Jacky Paradis de Jean-Michel Ribes ; il devient acteur, vidéaste, réalisateur. Compagne et égérie, Carole Laure est de l’aventure. À ses côtés, le maître et ami Léonard Cohen cosigne la comédie musicale Night Magic. Plus tard, il met en scène Starmania, puis s’inspire d’Antoine et Cléopâtre de Shakespeare pour créer A&C Project. L’artiste revient sur scène, ferveur intacte, déployant en tableaux ses « chansons de théâtre ».

(chronique à venir)

 
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